Juin 2013 : Focus sur la place de l’asexualité dans l’identité des personnes asexuelles

AVA s’intéresse à la diversité des points de vue et des expériences, à toutes les façons de vivre l’asexualité. Pour donner de la visibilité à cette diversité, nous publions régulièrement des témoignages de personnes qui nous parlent de leur asexualité avec leurs propres mots.
Ce mois-ci Isilua, Olivier, Laura, Sophie, Louison, Pepapig et Julien nous confient si d’après eux leur asexualité les définit ou non, dans quelle mesure, et quel impact a-t-elle eu sur leur identité.

Penses-tu que ton asexualité te définisse ?
Le fait d’être A n’est pas pour moi une chose qui me définit, mais un vide qui laisse plus de place à autre chose, en l’occurence de l’indépendance et de la liberté d’acte.
Isilua

Penses-tu que ton asexualité te définisse ? En partie, complètement ? Penses-tu que ton asexualité fasse partie de ton identité ? Qu’elle a modelé ta vie ? Penses-tu que tu aurais une approche du monde différente si tu étais sexuel(le) ? A quel point penses-tu qu’être asexuel(le) ait influencer qui tu es ?

L’asexualité fait partie de mon identité mais elle ne me définit pas. Mon asexualité a fait que je me pose peut être d’avantage de questions sur tout ce qui touche aux orientations et aux identités de genres.
Si je ne n’étais pas asexuel ma vie serait peut être plus simple, mais pas forcément mieux.
Olivier

Penses-tu que ton asexualité te définisse ? En partie, complètement ?
L’asexualité fait beaucoup partie de ma vie étant donné que le sexe est partout et que cela me rappelle ma différence chaque jour. Mais j’ai aussi un caractère, une personnalité, des qualités, des défauts… Et c’est tout ça qui fait qui je suis.

Penses-tu que ton asexualité fasse partie de ton identité ?
Oui.

Qu’elle a modelé ta vie ?
Oui car aujourd’hui si je suis seule c’en est la cause, et si je trouve un homme qui me correspond, ce sera un asexuel.
Penses-tu que tu aurais une approche du monde différente si tu étais sexuel(le) ? A quel point penses-tu qu’être asexuel(le) ait influencé qui tu es ? Oui c’est certains, je vivrais mieux chaque jour, je serais plus épanouie, je serais peut-être même en couple et avec des enfants.
Ce n’est pas l’asexualité directement qui influence qui je suis, mais indirectement car je suis seule aujourd’hui et je pense que si je n’étais pas asexuelle ce ne serait pas le cas, donc ma vie ne serait pas la même, et je verrais certainement les choses de manières différentes.
Laura

Penses-tu que ton asexualité te définisse ?
Je ne pense pas que mon asexualité me définisse. J’ai énormément de passion, je vois énormément d’amis. Ma sexualité ne me définie clairement pas ! Ce serait comme de demander aux sexuels s’ils pensaient uniquement avec leur sexe ! Ma sexualité a clairement orienté ma vie et m’a influencé, dans le sens ou le sexe a constamment été un sujet de rupture. En revanche, j’espère un jour pouvoir ne plus penser à ce problème et vivre une vie épanouie, avec l’homme que j’aurai choisi, sans me préoccuper de ces questions sexuelles. Par ailleurs, si j’atteinds la sexualité et le désir un jour, j’espère que cette longue étape d’asexualité aura été fructueuse et me permettra ‘envisager ma sexualité sous un bon angle.
Sophie

Penses-tu que ton asexualité te définisse ?
Mon asexualité me définit très largement, et m’explique une partie de mes relations aux autres. En prendre conscience m’a aidée à reconsidérer certains comportements que j’ai eus, par le passé, et qui m’ont joué des tours. Par exemple, comme je n’éprouve jamais d’attirance pour les hommes, et que je suis naturellement gentille et bienveillante, il m’est très souvent arrivé de sourire à des hommes, de les aider, d’accepter d’aller prendre un café, sans comprendre que pour eux cela signifiait que je consentais à une relation d’un autre ordre que la plus simple courtoisie ! J’ai été piégée plusieurs fois. De même, je porte les cheveux très courts, et j’adopte volontiers un style androgyne. C’est pourquoi j’ai souvent été prise pour une lesbienne, alors que c’est plutôt de ma part une indifférence au genre. Enfin, je comprends mieux pourquoi j’ai éprouvé, dans ma vie, plus de joie dans les bonheurs de la nature et de la culture, que dans l’exercice physique appelé « faire l’amour ». Je préfère le vélo d’appartement… !
Louison

Penses-tu que ton asexualité te définisse ?
Je pense que l’asexualité définit clairement une personnalité. Je suis de manière générale quelqu’un qui intellectualise ce qu’il vit. Ma tête conditionne la façon dont je perçois les autres et mon environnement. Si j’avais eu comme mode de fonctionnement de “vivre avec mes tripes” ou “vivre avec mon sexe”, j’aurais certainement fait des choix differents.
Pepapig

Penses-tu que ton asexualité te définisse ? En partie, complètement ?

Mon asexualité est un caractère très personnel de ma personnalité que personne ne voit au quotidien.

Cela ne me définit pas dans les cadres sociaux normaux, seulement en couple dans le lit.

Penses-tu que ton asexualité fasse partie de ton identité ? Qu’elle a modelé ta vie ?

Non

Penses-tu que tu aurais une approche du monde différente si tu étais sexuel(le) ?

Non

A quel point penses-tu qu’être asexuel(le) ait influencer qui tu es ?

L’asexualité n’a rien influencé chez moi, si ce n’est mon envie de participé à quelques rencontre asexuel et de rencontrer quelques personne comme moi et me lié d’amitié avec, voir de trouver l’amour (ce qui fut le cas).
Julien

Si vous aussi avez envie de donner votre perspective sur l’asexualité, de raconter votre propre histoire avec vos propres mots, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse  : paroles.asexualite[at]gmail.com

Mai 2013: Focus sur les relations de couple des asexuel.les

AVA s’intéresse à la diversité des points de vue et des expériences, à toutes les façons de vivre l’asexualité. Pour donner de la visibilité à cette diversité, nous publions régulièrement des témoignages de personnes qui nous parlent de leur asexualité avec leurs propres mots.
Ce mois-ci Louison, Sophie, Oriane, Pepapig et Julien nous parlent d’un sujet qui peut sembler délicat à première vue dans notre société quand on n’a pas de désir sexuel pour autrui, et qui préoccupe bon nombre d’asexuel.les : les relations de couple.

Si tu as/ as eu des expériences de vie de couple, raconte-moi comment tu abordes/abordais la question du sexe ?

Ton/ta partenaire est/était-il/elle asexuel(le) ou sexuel(le) ?

« Sexuel

Ton/ta partenaire est/était-il/elle au courant de ton asexualité ?

Oui, dès le départ

Le sexe est-il/était-il clairement un problème dans votre relation de couple ?

Au début oui. Parce que tout simplement, je refusais de coucher avec lui si je n’étais pas certaine de l’aimer et de vouloir faire ma vie avec lui

Quel compromis avez-vous/aviez-vous trouvé ?

A partir du moment où j’accepte de coucher avec lui, c’est que je l’aime. C’est une grande preuve d’amour puisque je fais une sorte de sacrifice pour son bonheur. Donc, même si j’aime pas l’acte et qu’il le déplore, je l’aime lui. Aussi, je me fiche de ce qu’il fait de son corps, qui lui appartient. Il peut coucher ailleurs, qu’importe. Je ne veux que son cœur en échange du mien. Ensemble depuis six ans, et depuis, deux beaux enfants.»

Oriane

Si tu as/ as eu des expériences de vie de couple, raconte-moi comment tu abordes/abordais la question du sexe ?
« La corvée conjugale… trembler avant de se mettre au lit, en espérant que l’autre s’endormira assez vite… Le bonheur maintenant que j’ai trouvé en mon mari une parfaite compréhension de ce que je suis, et un amour inconditionnel. »
Louison

« Je n’ai eu que des expériences avec des sexuels, et je ne leur ai jamais fait part de mn asexualité. Lors de ma plus longue relation, qui a durée 2 ans, j’ai fini par informer mon partenaire que je n’avais pas de plaisir avec lui. Je me souviens qu’il en a pleuré, car il pensait que c’était de sa faute. A l’époque, je ne savais donc pas que j’étais asexuelle, et je me disais aussi, que c’était probablement de sa faute. Nous avons continué à faire l’amour, mais, très peu de fois. Je faisais semblant d’avoir du plaisir pour l’encourager, mais ni lui, ni moi nous n’y croyions. Nous nous sommes séparés car officiellement nous n’étions plus dans la même ville et nous avions beaucoup moins de points communs. Après, je sais que le sexe comptait pour une énorme partie de cette rupture … Depuis j’ai rencontré beaucoup d’autres personnes, et j’ai fait l’amour de nombreuses fois. Mais comme à chaque fois, les relations n’ont jamais durées plus de 2/3 mois, et je pense que le sexe en a toujours été la rupture. »
Sophie

« Je souhaitais apporter mon témoignage car, pour beaucoup de personnes, l’asexualité est reliée au fait d’être vierge encore à un âge jugé tardif, et cela s’accompagne de l’idée qu’il s’agit d’un blocage, d’une peur du sexe et de son propre corps, ou de séquelles d’un évènement traumatisant au niveau psychologique. Ces personnes sont moquées, on les considère comme étant « coincées »
Mais mon histoire ne colle pas du tout à ces clichés, elle va à leur encontre. En m’inscrivant sur le forum d’AVEN, je me suis rendue compte au travers des divers témoignages, que certains ou certaines avaient été dans mon cas. Je trouve qu’il faut donc en témoigner ici, afin que l’on n’ait pas qu’un seul point de vue sur l’asexualité : celui (erroné) de personnes qui n’auraient pas encore découvert la sexualité.
Pour ma part, mon asexualité a été la cause de la rupture d’une relation de plusieurs années avec un homme sexuel. Les sentiments n’ont pour ainsi dire pas suffit à faire durer une relation où le sexe avait très vite disparu de mon initiative. Je ne connaissais alors pas l’asexualité, je savais juste une chose : malgré mes sentiments toujours présents et malgré une histoire amoureuse de plusieurs années, je n’avais aucune envie de sexe avec mon compagnon, et je ne pouvais même plus arriver à me forcer pour sauver mon couple.
À cette époque, j’ai envisagé toutes sortes de pistes, en partant de l’idée que j’avais un blocage temporaire. La pression de mon compagnon me faisait me sentir coupable. J’étais très peinée de voir qu’il doutait de plus en plus lorsque je lui affirmais que je l’aimais toujours. Je voyais qu’il en souffrait. Mais j’étais impuissante. Chacune des pistes s’est avérée être une impasse, et plus je cherchais, plus le couple se délitait, plus je me sentais coupable et mal dans ma peau d’être la cause de tout ça.
Mais en même temps, je me rendais bien compte que je ne ressentais personnellement aucun manque de cette absence de sexe mais plus une sorte de soulagement à me sentir « laissée tranquille ». Au début cela se comptait en mois, puis quand plus d’une année s’est écoulée, j’ai commencé à me demander sérieusement si j’étais anormale. Je n’ai cependant jamais fait la démarche d’aller consulter un psy, considérant au plus profond de moi-même que ce serait une perte de temps, cause de souffrance et non de mieux être.
Parallèlement à ça, je souffrais d’un autre manque : celui de l’affection, de la tendresse, et des contacts physiques que tout couple a mais qui ne sont forcément pas d’ordre sexuel. Mon compagnon ne pouvait plus m’approcher sans qu’il ressente toute l’étendue de sa frustration sexuelle. Alors soit il évitait de plus en plus tout contact, soit cela devenait très directement sexuel, presque agressif, et je fuyais très vite.
Plusieurs mois après la rupture, je continuais de m’interroger sur moi-même, et à chaque fois que je cherchais des articles en rapport avec le terme qui me semblait le plus approprié pour me définir, « absence de libido », je tombais sur des références à un trouble psychologique ou sur des articles qui incitaient à découvrir son corps par soi-même, notamment au travers de la masturbation.
Tout cela ne me parlait pas du tout, moi qui connaissais l’orgasme depuis le début de l’adolescence, ainsi que la masturbation. Et puis, j’ai un jour changé les termes de ma recherche pour « absence de sexualité », ce qui m’a redirigé vers le terme « asexualité ». »
Anonyme

« Je pense avoir fait le tour de la question. Mon mari était un S* très demandeur et moi une A* donc si notre couple a duré 20 ans, cela tient du miracle et s’il a fini par rendre l’âme, c’est clairement pour des problèmes lié au sexe. »
Pepapig

Si tu as/ as eu des expériences de vie de couple, raconte-moi comment tu abordes/abordais la question du sexe ?

Ton/ta partenaire est/était-il/elle asexuel(le) ou sexuel(le) ?
« Mon ex-copine était sexuelle, nous n’abordions pas ce sujet et tout se passais bien entre nous, sauf lorsqu’elle constatait que je n’allais jamais vers elle pour avoir des rapports. Mais elle s’en est rarement rendu compte, je ne lui ai jamais refusé de relation sexuelle malgré que ces rapports étaient journaliers. Ma compagne actuelle est une asexuelle. Nous avons aucun rapport sexuel, seulement des caresses et calins, nous nous donnons parfois du plaisir mais jamais dans le but d’assouvir un besoin ou de répondre à une attirance sexuelle

Ton/ta partenaire est/était-il/elle au courant de ton asexualité ?

Mon premier amour, non. Mais je ne le savais pas non plus. Ma compagne d’aujourd’hui, oui.

Le sexe est-il/était-il clairement un problème dans votre relation de couple ?

Cela n’a jamais été un vrai problème, pas plus que dans n’importe quel couple je pense

Quel compromis avez-vous/aviez-vous trouvé ?

Aucun besoin de compromis, mais si j’avais à en faire aujourd’hui, je demanderais un effort partagé, que j’assouvisse ses besoins quand elle le souhaite mais aussi qu’elle respecte mon absence d’envie de la satisfaire si cela arrive

Si vous êtes séparés, était-ce lié à ton asexualité ?

Non. »

Julien

*
A = personne asexuelle
S = personne sexuelle
Termes très souvent utilisés par les personnes asexuelles pour faciliter le langage

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Avril 2013 : Focus sur les orientations sexuelles et sentimentales

AVA s’intéresse à la diversité des points de vue et des expériences, à toutes les façons de vivre l’asexualité. Pour donner de la visibilité à cette diversité, nous publions régulièrement des témoignages de personnes qui nous parlent de leur asexualité avec leurs propres mots.
Aujourd’hui Olivier, Isilua, Laura, Hervé, Louison, Oriane, Pepapig et Tyane nous disent ce qu’ils pensent de leurs orientations sexuelles et sentimentales.

Penses-tu que l’asexualité puisse être définie comme la quatrième orientation sexuelle au même titre que l’hétérosexualité, l’homosexualité et la bisexualité ? Pourquoi ?
Penses-tu avoir toujours été asexuel(le) ? Penses-tu l’être pour toujours ? Penses-tu que l’orientation sexuelle peut changer au cours de la vie ? Si oui, penses-tu qu’il y ait des raisons à ces changements ?
Quelle est ton orientation sentimentale ? Penses-tu qu’il y ait un lien entre ton orientation sentimentale et ton asexualité ?

Pour moi l’asexualité est une orientation sexuelle comme les autres, même s’il est parfois nécessaire de préciser une orientation sentimentale (homo, hétéro ou bi). Je pense que j’ai toujours été comme ça et je ne vois pas de raisons pour que cela change, même si je ne pense pas que cela soit impossible. En fait je ne crois pas que les attirances et les orientations soient aussi clairement définies qu’on le pense dans notre société. Pour moi il y a une certaine pression plus ou moins consciente de la part de la société qui nous pousse à nous ranger dans une case, dans un modèle, car ça facilite les relations humaines au quotidien. Je ne dirais pas que l’on change d’orientation sexuelle, mais plutôt que l’on se range dans une nouvelle case pour explorer d’autres possibilités.
Olivier

Pour moi l’orientation asexuelle est un paradoxe. Comment peut-on qualifier la non appartenance à une orientation sexuelle comme une orientation sexuelle ? o__O
A mon sens l’asexualité, la vraie, est innée et ne changera pas. De même qu’un hétéro ne deviendra pas homo par magie, ou alors c’est qu’au fond de lui subsistait une part d’homosexualité. C’est dur à expliquer. Je pourrais également être défini comme Aromantique, malheureusement aucune définition exacte n’a été fixée, c’est donc souvent un terme dans lequel on englobe beaucoup de monde par défaut.
Non seulement le sexe ne m’attire pas, mais aussi la relation en elle même. Je ne ressens aucun besoin de trouver une conjointe, je trouve ça tellement … bête ? A quoi bon vivre avec une personne si cela peut empieter sur la seule chose qui nous reste en ce monde : la liberté ? J’ai beau croiser des personne avec qui je m’entends très bien (à titre d’exemple ma cousine, qui est ma copie conforme féminine, mêmes idéaux/pensées/charactère/… ) cela ne m’attire absolument pas. Je préfère avoir une bonne amitié qu’une vie à deux.
Isilua

J’ai toujours été asexuelle et je n’ai jamais pris de plaisir lors des rapports, je dirais même que concernant les derniers j’éprouvais du dégoût, c’était désagréable. Je pense que quand on est asexuel on l’est pour toujours, même si on est en couple avec un sexuel et qu’on a des rapports, si on ne ressent pas de plaisir cela ne changera pas. Je me définis comme hétéro asexuelle car je n’ai jamais eu d’attirance pour une femme, je ne conçois pas un jour être avec une femme ; et je ne pense pas qu’il y ait un lien entre l’orientation sexuelle et l’orientation sentimentale car on peut être, tout comme les sexuels, attirés par le sexe opposé ou le même sexe.
Laura

Je pense que l’on peut parler d’asexualité comme une quatrième orientation sexuelle, car on peut en parler en tant que tel. Mais cela n’en reste pas moins l’absence d’orientation sexuelle, du moins pour ceux qui ne sont pas dans la zone grise. C’est pour cela que je pense qu’il serait important de mettre l’accent sur les attirances sentimentales, qui nous définissent plus que nos attirances sexuelles, dans le sens où chez les sexuels aussi, elles peuvent ne pas se confondre (certains sont homosexuel et hétéromantiques par exemple).
À en croire les différents témoignages que l’on m’a rapporté, il est possible de changer d’orientation sexuelle au cours de sa vie. Toutefois, cela reste très rare et surtout cela ne se décide pas. Faire le pari d’un changement d’orientation sexuelle me parait pour cela aberrant.
Hervé

Je suis une femme, et j’ai souvent été attirée par des femmes, c’est pourquoi, avant de savoir que j’étais asexuelle, je me suis souvent pensée homosexuelle, sans pour autant éprouver le moindre désir physique. Je ne comprenais donc pas, me sentais égarée. Pourtant, je n’ai eu de relations sexuelles qu’avec des hommes. Maintenant, je comprends mieux : je peux être attirée esthétiquement ou sentimentalement par des femmes ou des hommes, indifféremment, mais je n’éprouve pas plus de désir pour les un(e)s que pour les autres. Je pense en effet que l’asexualité peut être définie comme la quatrième orientation sexuelle.
Louison

Penses-tu que l’asexualité puisse être définie comme la quatrième orientation sexuelle au même titre que l’hétérosexualité, l’homosexualité et la bisexualité ? Pourquoi ?
Non. Qu’elle devrait être intégrée dans le mouvement LGBT, oui. Après tout, être transsexuel ce n’est pas non plus une orientation en soi, c’est aussi une manière de vivre son rapport à notre sexe. Le souci, c’est qu’un A dans une Gay Pride, c’est un peu comme une grenouille à une convention de félins. Je pense qu’on est homo-A, hétéro-A, bi-A. Pas « A » tout court. C’est bien en cela que nous prouvons aux scientifiques obtus que la pulsion amoureuse, et la pulsion sexuelle, sont distinctes.
Penses-tu avoir toujours été asexuel(le) ? Penses-tu l’être pour toujours ? Penses-tu que l’orientation sexuelle peut changer au cours de la vie? Si oui, penses-tu qu’il y ait des raisons à ces changements?
Je pense l’avoir toujours été, mais je trouve hasardeux de dire que je le resterai. Je ne connais pas ma vie. Certains hétéros se sont découverts homos plus tard, pourtant ils aimaient réellement leur conjoint de sexe opposé, bref, les trucs psychiques nous dépassent encore trop pour répondre fermement à cela.
Quelle est ton orientation sentimentale? Penses-tu qu’il y ait un lien entre ton orientation sentimentale et ton asexualité?
Je suis hétéro, c’est clair. Je n’ai jamais aimé beaucoup la compagnie des filles, sans pour autant avoir de l’animosité quelconque avec elles, mais c’est un fait, j’ai plein d‘amis, peu d’amies. Quand on sait qu’amitié et amour trouvent des sources communes, et que mon ex comme mon compagnon actuel furent des amis avant des amants, je n’ai aucun doute sur mon orientation. Mais comme vous l’avez lu, je ne défends pas que l’asexualité soit une orientation en soi, juste une façon de vivre avec son sexe.
Oriane

Je pense que l’asexualité pourrait être une orientation sexuelle à part entière car je suis convaincue que je suis asexuelle depuis toujours et que je resterai comme ça. C’est ancré en moi, cela fait partie de moi. Je suis hétéro asexuelle. J’aime les hommes, j’aimes qu’ils me regardent et me trouvent belle. J’aime plaire. Mais je sais que je suis incapable de leur donner ce qu’ils attendent d’une femme « normale » et donc, je m’abstiens désormais de toute relation….
Pepapig

J’ai une conception dynamique de l’orientation sexuelle, ou disons de la vie sexuelle, puisque l’écart entre notre être profond et ce que l’on croit devoir sentir nous conduit souvent à nous mettre à la place de ce que nous ne sommes pas, comme des homosexuels connaissent parfois une première expérience hétéro avant de se découvrir. Non pas que l’on puisse choisir d’être asexuel ou non, mais le temps que nous mettons à nous comprendre et à nous assumer modifie nos rapports avec les autres, en plus notre propre ressenti. Il me semble que de nombreuses personnes ont eu une expérience sexuelle plus complexe que ne le laisse croire un simple mot : un hétéro ayant eu des gestes de tendresses prononcées pour un ami du même sexe, une personne ayant une activité sexuelle régulière étant capable de s’interrompre plusieurs mois sans difficulté, une aromantique ayant connu un unique et véritable amour… certes, je m’avance, et cette indétermination ne s’applique pas à tous, loin de là.
Tyane

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Parole d’une sexuelle pour sa soeur jumelle asexuelle

Amis asexuels, sexuels ou autres, une fois n’est pas coutume, voici un très joli texte écrit par une jeune femme sexuelle à propos de sa soeur jumelle asexuelle.

« Je témoigne ici en tant que sœur jumelle d’une asexuelle. Nous sommes de « vraies » jumelles comme on dit, avec le même patrimoine génétique donc. Pourtant je suis hétéro-sexuelle. Il me paraît étrange que l’on continue de nos jours à parler de l’orientation sexuelle comme étant un facteur génétique ou une question d’éducation… Mais ceci est un autre débat.
Je souhaite parler de ma relation avec ma sœur ainsi que de son parcours d’asexuelle pour mieux faire connaître l’asexualité et faire cesser tous les clichés qui y sont rattachés.

Quand on était adolescentes et que je commençais à m’intéresser aux garçons, je voyais bien que ma sœur n’était pas l’interlocuteur idéal. Pour moi, c’était parce que cela ne l’intéressait pas encore. Je grandissais alors qu’elle restait un peu en arrière. Mais plus tard, quand on a réussi à en parler un peu, je me suis rendue compte qu’elle était très malheureuse. Elle a rapidement commencé à se poser des questions, à douter. « Pourquoi je ne suis pas comme les autres ? Pourquoi je ne suis pas normale ? » Je peux vous dire que voir souffrir sa sœur jumelle est très difficile à supporter. D’autant plus que je n’avais pas les réponses à toutes ces interrogations.
Elle a passé plusieurs années à errer, à essayer de se reconnaître dans les différentes et uniques voies que la société nous propose quant à notre sexualité : hétérosexuelle, homosexuelle voire bisexuelle. Mais dans toutes ces configurations il y a du désir sexuel. D’ailleurs on le voit partout ce désir, cette norme que l’on banalise de plus en plus : les pubs, les médias, les films… Elle, elle ne ressentait pas ce désir, cette attirance sexuelle. Alors comment pouvait-elle se sentir « normale » dans un monde pareil ? Un monde qui traite les personnes qui n’ont pas de désir charnel de frustrés, de coincés, de refoulés ? La phrase la plus fréquente que beaucoup d’asexuels ont dû entendre est la suivante : « c’est parce que tu n’as pas trouvé le bon / la bonne ». En résumé, « toi aussi tu rentreras dans la norme parce qu’on est tous des êtres sexuels. Ce n’est pas normal sinon. » Et je peux vous dire que les vrais asexuels ne sont pas des personnes, tellement frustrées que personne ne veuille d’eux, qu’ils se revendiquent sans désir sexuel. Non, ma sœur a toujours eu des prétendants…

Un jour, il y a 4 ans, elle m’a annoncé avec un grand sourire qu’elle était asexuelle. Comme presque toute la population, je ne savais pas ce que c’était. Elle m’a expliqué et m’a dit combien elle était heureuse d’avoir trouvé des « gens comme elle ». Depuis je l’ai vue renaître. Elle n’était ni seule, ni folle, ni anormale. Elle est tout simplement asexuelle. Une orientation sexuelle comme une autre au final. Pour moi l’important était qu’elle soit enfin heureuse et épanouie. J’ai complètement accepté cela, et j’ai commencé à me battre au quotidien contre tous les clichés sur l’asexualité que j’entendais, pour défendre l’existence d’une 4ième orientation sexuelle. Qui sait, peut être que quelqu’un dans le doute comme l’était ma sœur à une époque aura entendu mes paroles et aura découvert l’asexualité.
Je suis fière de ma sœur et de son courage pour défendre ce qu’elle est. »
Hope

L’asexualité peut en effet être très bien acceptée par l’entourage, et c’est beau de voir qu’au delà des différences, il y a des choses qui seront toujours inébranlables. Je pense au lien de gémellité comme ici, mais aussi à la fraternité en général, à l’amitié, à l’amour maternel… etc
La différence est une richesse.

Mars 2013 : Focus sur les asexuel.le.s et leur rapport au sexe

AVA s’intéresse à la diversité des points de vue et des expériences, à toutes les façons de vivre l’asexualité. Pour donner de la visibilité à cette diversité, nous publions régulièrement des témoignages de personnes qui nous parlent de leur asexualité avec leurs propres mots. Aujourd’hui Louison, Sophie, Julien, Pepapig, Isilua, Olivier, Oriane et Tyane nous racontent leur rapport au sexe.

Je ne me suis jamais masturbée, n’ayant jamais éprouvé le moindre désir de le faire.
Ce n’est pas une question de morale, je suis amorale, et j’ai expérimenté, avec une dizaine de partenaires dans ma vie, toutes les formes de sexualité, sans aucun tabou.
Je n’ai jamais éprouvé de désir, mais, contrainte par les circonstances (difficile de se passer de sexe quand on est avec un S), j’ai très souvent éprouvé de vifs orgasmes. Pour moi, c’est un fait essentiel : mon asexualité n’est pas absence de plaisir, mais de désir.
Je pense que la libération sexuelle fut un grand bien, mais que nous sommes tombés dans l’excès inverse. L’image de la femme objet me paraît plus violente que jamais, et des pratiques de sex-shop deviennent le quotidien obligé de certains S (j’en ai connu, qui collectionnaient les godemichets et voulaient absolument réaliser avec moi des fantasmes bas-de-gamme. Imaginez ma souffrance de A… « Plus jamais cel », me suis-je dit quand j’ai compris que je n’étais pas « anormale », mais A…)
Louison

J’ai eu énormément de relations sexuelles, plus d’une centaine (je vous rassure, avec tout de même un nombre restreint de partenaires !). La question me direz vous c’est, pourquoi avoir des relations sexuelles, si je n’en ai pas envie ? La première réponse que je pourrai y apporter, c’est que je n’ai pas su, tout de suite, si j’étais frigide ou asexuelle, ou si le garçon n’était pas compétent. J’ai donc voulu essayer pour voir comment avoir du plaisir. La deuxième réponse c’est que, bien qu’étant aromantique et asexuelle, je n’en suis pas moins une fille, qui aime plaire, et qui aime se sentir séduisante. Aussi, j’adore passer des nuits dans les bras de l’autre, et si cela inclus de devoir coucher (et simuler par conséquent …) je suis prête à le faire.
En ce qui concerne mon attitude envers le sexe, j’y suis plutôt indifférente. Je ne ressens tellement rien, que je suis telle une poupée : je me laisse faire, et en général, mes copains ont toujours passé d’excellents moments avec moi au lit, car je n’ai jamais été la fille exigeante / qui a mal / qui souhaite à tout pris dominer ou quoi que ce soit. En en discutant avec mes ex, j’ai même appris, sans le savoir moi-même, que j’étais apparemment « un très bon coup » ! Un comble, lorsqu’on sait que je ne pourrais jamais dire ça d’eux ! Quoi qu’il en soit, je n’éprouve aucun plaisir lors de l’acte, et je ne fais que simuler. J’ai déjà essayé de me masturber, mais cela n’a aboutit à rien : je ne ressens rien, et je m’ennuie très rapidement !
J’ai bien l’impression que la société est hypersexualisée, étant donné que l’on voit le sexe, l’envie, de partout. En travaillant dans la publicité, je vois bien que le sexe est un vecteur de vente, qu’on cherche toujours à susciter l’envie, et le désir. En revanche, je constate aussi que c’est plutôt vendeur, et que si cela vend, c’est surement parce que cela a un effet sur les sexuels. D’ailleurs, je n’ai rien à reprocher aux sexuels. Ce serait finalement, comme de reprocher quelque chose à 99% des personnes sur terre ! Je pense que comme les asexuels, il y a plusieurs types de sexuels : ceux qui ont besoin de beaucoup de sexe, ceux qui n’en ont pas besoin de beaucoup, ceux qui privilégient la qualité, ceux qui leur préfèrent la quantité, ceux qui n’ont du désir que quand ils ont des sentiments etc etc … Partant de là, je pense qu’il en faut également pour tous les goûts, et qu’il semble donc logique que les sites de rencontres divers et variés puissent exister.
Sophie

As-tu/as-tu eu des relations sexuelles ?
Oui
Quelle est ton attitude envers le sexe ? Te qualifierais-tu plus d’indifférent envers le sexe, ou repoussé ? Autre ?
Je suis indifférent. Je n’ai pas d’attirance pour le sexe mais ça ne me dérange pas de « pratiquer » si on m’en fait la demande. J’aime d’ailleurs donner du plaisir sexuel et satisfaire la femme que j’aime. C’est une composante qui a de l’importance dans la vie de couple que je souhaite avoir.
Penses-tu que la société soit hypersexualisée ?
Oui, le sexe est partout. A la télé dans les pubs, les affiches dans la rue, les magazines… le sexe faitvendre et les publicitaires l’utilise énormément.
Que penses-tu des sexuel(le)s ?
Je n’ai pas d’avis sur eux. L’important pour moi et d’être en accord avec soit même et son conjoint.
Eprouves-tu du plaisir lors des rapports sexuels ? Pratiques-tu la masturbation ? Pourquoi ?
J’ai beaucoup de plaisir dans les rapports sexuels lorsque ceux-ci sont pratiqué par amour. Je pratique aussi la masturbation car malgré que je n’ai pas d’attirance, mon corps a parfois des besoins que je dois assouvir. Mais je n’ai aucunement besoin de les assouvir avec quelqu’un.
Julien

J’ai donc déjà eu des relations sexuelles et je n’ai jamais aimé ça. Je n’ai jamais ressenti de plaisir.
A force d’avoir essayé d’y croire et d’aimer ça, j’en suis maintenant totalement dégoûtée.
Je suis convaincue que la société est hypersexualisée. La pub en particulier en est un exemple.
Je pense que les sexuels ont un truc different de nous qui peut être parfois sympa quand il est partagé mais que je trouve asservissant la plupart du temps. De ce que j’en vois autour de moi, le sexe est beaucoup plus souvent une source de problème et de dérive que de bonheur. Je me dis parfois que j’ai de la chance d’être insensible à toutes ces solicitations du sexe.
Je me masturbe rarement et quand je le fais c’est en guise de somnifère !
Pepapig

Je n’ai jamais eu de relation à ce jour, et je ne pense pas que ça changera. Simplement car j’ai comme l’impression de compendre que ça ne me fera rien. Comme une personne n’aimant pas les fruits comprend instinctivement qu’elle n’aimera pas une mangue sans l’avoir gouté.
Je ne me sans pas repoussé par le sexe, s’il le fallait je pourrais avoir une relation sans problème, mais … à quoi bon ? Je n’y vois aucun intérêt.
Je pratique la masturbation, et il m’arrive de regarder des vidéos X pour me motiver. Pourquoi ? Car je trouve que ça « vide », je ne saurais pas comment dire. C’est pas une sensation énorme ou autre, simplement on se sent plus « léger ».
Les films X je les regarde pas pour le c*l, mais plus pour essayer de ressentir ce bonheur qu’ils peuvent éprouver.
Isilua

J’ai une attitude tout à fait neutre vis à vis du sexe, ça ne m’intéresse pas, mais ça ne me dégoute pas non plus. En fait je vois une relation sexuelle comme un câlin qui dérape. J’apprécie le contact physique, l’intimité, les câlins… le sexe en lui même est moins intéressant c’est tout.
Olivier

As-tu/as-tu eu des relations sexuelles ?
Oui.
Quelle est ton attitude envers le sexe ? Te qualifierais-tu plus d’indifférent envers le sexe, ou repoussé ?
Indifférente. Et parfois dégoûtée, ça dépend. Genre les french kisses et la fellation, ça me donne la nausée rien que d’y songer. Sinon, je m’en fous. Donc parfois je dis oui à mon compagnon sexuel, quand je me sens pas trop fatiguée.
Penses-tu que la société soit hypersexualisée ?
Oui, m’enfin je fais pas de liens pour autant avec les asexuels, ils sont ce qu’ils sont, qu’importe leur époque.
Eprouves-tu du plaisir lors des rapports sexuels ?
Du plaisir physique oui. Mais je me demande encore comment on peut appeler « plaisir » un truc qui te raidit puis te rend raplapla, bouillant et puant.
Pratiques-tu la masturbation ? Pourquoi ?
Quel intérêt ?
Oriane

Le sexe occupe finalement une place assez ambivalente dans ma vie : à la fois, je ne ressens pas de gêne à en discuter, je m’en accommode relativement bien pour en plaisanter, en même temps, je me lasse de son omniprésence. Au-delà des formes ridicules que prend parfois l’érotisme dans notre société, et en particulier, j’assume le lieu commun, d’un affichage publicitaire qui m’est totalement insipide, ce qui me dérange le plus réside dans l’hypocrisie qui consiste à présenter la valorisation de l’activité sexuelle comme un moyen d’émancipation, et en faisant ainsi une règle stigmatisant les personnes qui n’y adhèrent pas. Le problème principal ne consiste finalement pas tant sur l’importance quantitative du sexe dans les discours que sur son appréciation, positive ou négative, même si, à longueur de journée, l’accumulation de références à la vie sexuelle peut également fatiguer, asexuels ou non. Les mouvements de libération sexuelle rejetèrent d’abord les tabous et l’oppression pesant sur la sexualité ; ils doivent maintenant lutter contre l’excès contraire. Un seul défi revient et demeure : le respect de l’autre dans sa différence.
Tyane

Si vous aussi avez envie de donner votre perspective sur l’asexualité, de raconter votre propre histoire avec vos propres mots, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse : paroles.asexualite[at]gmail.com

La journée de l’asexualité approche !

Cette année, AVA organise pour la première fois une « Journée de l’asexualité ». La journée de l’asexualité, c’est une journée qui va se tenir le 26 avril et qui va nous permettre de faire parler de l’asexualité. Le projet est simple : nous voulons rendre visible l’asexualité en rassemblant sur le site de la journée des contributions (textes, images, poèmes, etc.) que vous nous envoyez.

Qui peut contribuer ?
Cette journée, c’est d’abord un événement ouvert à toutes et à tous. Toutes les contributions sont les bienvenues. Peu importe le format, peu importe le sujet, en lien avec l’asexualité : ça nous intéresse. Ce que nous aimons dans l’asexualité, c’est sa diversité, et c’est cette image-là que nous voulons donner à voir.
Que vous soyez homo, bi-e, hétéro, que vous soyez poly, aromantique, romantique, que vous soyez asexuel-le, hypo, demi : contribuez ! Peu importe votre rapport au sexe, peu importe que vous soyez cis’ ou trans’, peu importe que vous aimiez les tartes ou les gâteaux : contribuez ! Faites des textes, des poèmes, des dessins, des photos, des fictions, des discours ou bien juste une phrase ! Ce que vous voulez.

Comment puis-je y participer ?
Nous avons créé un site : journeeasexualite.tumblr.com sur lequel nous allons rassembler toutes les contributions pour le jour J. De votre côté, il suffit de nous envoyer votre fichier numérique ou numérisé à cette adresse : ava point asexualite at gmail point com et le tour est joué. Évidemment, vous pouvez parfaitement rester anonyme.

A quoi ça sert ?
Une des fonctions d’AVA, c’est de communiquer avec la presse. Et la journée de l’asexualité, c’est une occasion rêvée pour ça. Le 26 avril, on enverra donc un communiqué de presse aux journalistes pour leur expliquer notre projet et leur proposer de venir faire un tour sur le site.

Février 2013 : Focus sur comment est vécue l’asexualité

AVA s’intéresse à la diversité des points de vue et des expériences, à toutes les façons de vivre l’asexualité. Pour donner de la visibilité à cette diversité, nous publions régulièrement des témoignages de personnes qui nous parlent le leur asexualité avec leurs propres mots.
Aujourd’hui Julien, Laura, Hervé, Isilua, Pepapig, Oriane et Sophie nous racontent comment ils vivent leur asexualité au quotidien.

Je vis très bien mon asexualité. Il est fort possible qu’elle explique que je n’ai jamais eu de relations sentimentales, puisque je n’imaginais pas qu’il était possible de vivre en couple sans sexe. Et il n’était pas question que je fasse des concessions sur ce sujet. Mais je le regrette pas, cela m’a permis une certaine insouciance (au sens premier du terme : zéro préoccupation), et donc un bilan neutre, voire positif (qui dit absence de mis en relation, dit absence de rupture !).
Dans mon entourage, celles et ceux qui me savent asexuels le comprennent très bien. C’est tellement moi…Par contre, la société me renvoi en permanence des images de mon «anormalité». Certes, je peux aspirer à des désirs de vie simples, emprunts de liberté (se contenter d’un vélo et de sa remorque pour faire les courses par exemple) (quoique des familles vivent très bien du tout vélo, y compris pour déposer/aller chercher leurs enfants à l’école !). Mais les personnes autour de moi adorent les enfants, aspirent à fonder une famille…tout le contraire de moi. Et ce sujet du sexe qui revient trop souvent dans les conversations…
Hervé

Personnellement, je n’en souffre pas pour l’instant mais il est clair que j’ai peur de vieillir seule. Cela me tracasse surtout quand je suis en mauvaise santé ou qu’il fait du temps tout pourri. Il est evident que mon asexualité m’empêche de vivre en couple. J’ai donné 20 ans de ma vie pour que mon couple fonctionne et cela a foiré. Quelque part, je suis amère. Pourquoi le sexe tient-il une telle place dans notre société ?
Quand un homme me sourit, j’ai envie de lui lancer à la tête “Te fatigue pas, je couche pas !”
Deux amies,un ami, ma soeur et mon ex-mari savent que je suis asexuelle. Parmi ces 5 personnes, 2 pensent que ce n’est pas possible, que je vais trouver quelqu’un qui va ma prouver le contraire. Heureusement, les 3 autres ont compris et ne me jugent pas.
Pepapig

Est-ce que tu as le sentiment de souffrir à cause de ton asexualité ?
Non
Penses-tu ou as-tu déjà pensé que tu avais un problème ?
Oui avant de connaitre l’existence de l’asexualité à cause de la société qui nous enseigne qu’il faut avoir des relations sexuelles.
As-tu souffert de cette situation ? Te sens-tu seul(e) ?
Non
As-tu le sentiment que ton asexualité t’empêche d’avoir les relations de couple, sentimentales que tu voudrais avoir ?
Non
As-tu le sentiment que tes proches ou la société en générale considère ton rapport comme anormal ?
Personne ne me considère anormal.
Parles-tu de ton asexualité ? Pourquoi ? Si oui, à qui ? Quelles ont été les réactions ?
J’en parle pas beaucoup autour de moi mais plutôt dans la presse ou la télévision pour que les gens découvre ce que c’est, que ce n’est pas anormal, et découvre peut être comme ce fut le cas pour moi qu’ils sont eux même asexuel et ne considère plus leur indifférence du sexe comme une maladie.
Julien

Personnellement j’en souffre chaque jour, j’ai peur d’être seule, de ne pas trouver mon âme soeur; or je souhaite un jour vivre paisiblement avec un homme et fonder une famille. Depuis que j’ai découvert mon asexualité, je me sens un peu seule, malgré que j’ai pu discuter avec d’autres asexuels, mais depuis quelques jours seulement je discute avec un asexuel qui semble me correspondre et cela me réconforte. J’ai beau expliquer mon cas, mes ressentis et le fait que je ne suis pas seule au monde à être comme ça, mes proches comme les personnes avec qui j’ai simplement discuté sur internet, semblent ne pas vouloir comprendre. J’en parle quand cela me parait nécessaire, c’est-à-dire à certains membres de ma famille, ainsi qu’à quelques rares hommes qui m’ont plu mais avec qui je ne suis pas restée. Les réactions sont malheureusement toujours les mêmes de la part de n’importe quels sexuels: soit je suis lesbienne, soit j’ai un problème psychologique, soit je ne suis pas tombée sur la bonne personne, soit j’interprète mal mes ressentis…
Laura

Personnelement je vis mon Asexualité très bien.
La première raison car ça me ferait réellement mal au coeur de me sentir « attiré » par le sexe, et ainsi perdre de mon temps libre pour une chose futile. La seconde car j’aime bien avoir cette angle de vue différent des autres. Je suis une personne qui parle peu, … ok trèèèèès peu ^^ et quand j’entends mes collègues parler, ça me fait penser que l’asexualité est une chance …
De plus ça ne me cause pas de souci de frustration ou de problème pour être en couple … car je suis très bien tout seul.
Point de vue communication, je ne parle que rarement de ça. J’en ai parlé à 2 personnes :
– ma mère, qui n’a pas compris et espère me voir marié avec 3 enfants et blablabla …
– Un collègue qui est aussi un très bon pote, qui a je pense compris.

Par contre je prends un plaisir fou à m’amuser avec les questions qui pourraient vexer, leur lancer des tacles. Du style :

– T’as pas de copine ?
– Non, pourquoi ?
– Bha … je sais pas à notre age on a tous une copine non ?
– Ou pas, au moins je suis libre de faire ce que je veux quand je veux.

Ou encore

– Et t’as jamais fait l’amour ?
– Ha, parce que ça se pratique l’amour ?
– Bha … oui,
– T’es au courant que se taper une fille et l’aimer ça peut ne pas etre lié ?
– Bheu … o_O
Isilua

Est-ce que tu as le sentiment de souffrir à cause de ton asexualité ? Pourquoi ? Penses-tu ou as-tu déjà pensé que tu avais un problème ?
Oui parce que ma famille proche ne reconnaît pas la chose. Comme si je m’inventais des films et éprouvais un plaisir à me poser en victime alors que je devrais chercher juste la solution au problème. Bref, ils n’entendent pas que ce n’est pas à mes yeux un problème.

As-tu souffert de cette situation ? Te sens-tu seul(e) ?
Seulement au sein de réunions de famille. Sinon, non, mes amis sont bien plus tolérants. Ils sont capables, eux, d’accepter ce qu’ils ne comprennent pas nécessairement.

As-tu le sentiment que ton asexualité t’empêche d’avoir les relations de couple, sentimentales que tu voudrais avoir ?
Alors pas du tout, je mène une vie rêvée à ce sujet. Que de longues relations de couple. Comme je refusais les amourettes, les trucs d’un soir à trophées adolescents, j’ai attendu les 16ans pour me remettre en couple après un essai d’enfance.

As-tu le sentiment que tes proches ou la société en générale considère ton rapport comme anormal ?
Ma mère oui. Elle part dans une théorie d’hormones perturbés par le traitement chimique de mon épilepsie ou une pseudo absence d’empathie qui sort d’on-ne-sait-où. Mes amis eux, n’ont pas besoin de comprendre quelque chose pour l‘accepter. Mais moi je n’ai rien à cacher et étant donné que cela influence fortement mes réactions, je préfère l’indiquer. Il n’est pas rare de voir débarquer le sujet des attirances et du sexe, autant mettre les choses au clair.
Oriane

J’ai longtemps souffert de l’asexualité, car je me sentais seule, je ne comprenais pas mon problème, et je pensais que jamais, je ne trouverai quelqu’un qui accepterait mon asexualité. Depuis que je me suis inscrite sur le forum AVEN, j’ai compris que je n’étais pas seule, et que je pourrais également vivre ma vie avec un autre asexuel. J’ai aussi compris les points positifs de l’asexualité. En revanche, cela n’enlève pas mon envie de résoudre ce que, personnellement je considère comme un handicap social : je ne veux pas choisir mon futur compagnon en fonction de son asexualité. Je veux choisir quelqu’un qui me plait pour ce qu’il est, et pouvoir avoir des relations sexuelles avec lui.
Quand mes amis me décrivent leur vie sexuelle et surtout, leur épanouissement sexuel : le fait de fusionner, de vouloir vivre un moment intense à deux, …je rêve de pouvoir également vivre ça.
Je pense qu’il ne faut pas diaboliser le sexe lorsqu’on est asexuel. Moi, je souhaite prétendre au plaisir sexuel (car dans mon cas, pas de désir, va de paire avec pas de plaisir) et même si je dois y passer ma vie pour y accéder, je mènerai ce combat !
Mes amis les plus proches sont au courant de mon asexualité, et cela ne les gêne pas. En revanche pour moi c’est un réel problème car je ne suis pas à l’écoute de mes sens. J’aimerai que mon corps m’avertisse et m’envoie des signaux quand quelqu’un me plait. Je souhaite le voir réagir. J’ai eu énormément de relations amoureuses qui se sont toutes achever car je préférai y mettre un terme plutôt que de devoir « simuler ». Parallèlement je n’avais jamais de sentiments pour la personne, ce qui brouillait toujours la recherche de la piste idéale !

En ce qui concerne la société, je pense que la société considère l’asexualité comme anormale. Je pense même que beaucoup de personne ne savent pas que ça existe. Beaucoup pense que c’est un problème uniquement féminin, et que c’est la frigidité, non l’asexualité. L’asexualité peut aussi apparaître pendant la vie de couple, et beaucoup peuvent se dire que cette perte de plaisir est la fin du couple. Quoi qu’il en soit, j’estime que cette surmédiatisation du sexe passe surtout par le fait de « bruler » les étapes. Dès qu’il y a un début de relation amoureuse, on passe tout de suite à l’étape sexuelle, et non à l’étape « d’amour ». Je trouve cela dommage de se dire « si ça ne fonctionne pas au lit ça ne fonctionnera pas ailleurs ».
Sophie

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La découverte de l’asexualité en poème

Bonjour amis asexuels, sexuels ou autres!

En attendant les témoignages du mois de février qui arrivent bientôt, voici un poème de Isilua traitant du thème abordé en décembre: la découverte de l’asexualité.
Eh oui il y a bien des façons de raconter son histoire!

C’était en octobre, tout a commencé
D’un grand amour, un nouvel être est né
Petit, bien chéri, rien à signaler
A cet âge, personne n’aurait remarqué

Vient l’âge des flirts de jeunesse
Les amours viennent et disparaissent
Pas d’accroche, juste des ressemblances
On est heureux, le reste on s’en balance

Les années passent et se ressemblent
Les autres sortent déjà ensemble
Toi tu regardes, écoutes et réfléchis
Au fond, ça ne te donne pas envie

Alors vient le temps du lycée
Déjà 16 années se sont écoulées
Tu te retournes, t’as rien vu venir
Les relations commencent à fleurir

Pour toi rien n’a changé
Solitaire, tu te sens isolé
Face aux remarques de tes amis
Tu te tais, tu regardes et réfléchis

Les paroles ne te laissent pas indifférent
Tu dis rien, mais tu ressens …
Un creux, un grand vide
Un truc qui te sert le bide

Tu cherches des réponses,
Tu trouves rien, alors tu renonces
Certains passent à l’action
Toi tu te sens comme un pion

Une vie solitaire, ça y est t’as pris le bus
Le problème, c’est qu’il y a pas de terminus
Tu te sens mal, mais ça y est c’est fait
L’avantage ? Une vie pleine de liberté

Des hauts, des bas, et enfin ça y est.
Une sorte de mal-être refoulé,
Qui lentement monte à la surface
A l’angle du mur tu la prends en pleine face

A la fac, ça court ça drague
Toi tu prends ça comme une blague
Quand on te pose une question,
Tu réponds qu’il y a d’autres options

Alors à la télé tu vois un reportage
Des gens que l’on prend pour des barges
Pas de sexe, un amour platonique
Pour toi, c’est le grand déclic

Asexualité, simple mot du dictionnaire
Mais pour toi, c’est comme un frère
Tu cherches, tu tombes sur un forum
Et la, tu rencontres la communauté aven

Tu lis, et enfin tu comprends
T’es pas bizarre, juste différent
Soudain, dans ta vie, un voile se lève
Ce mal-être n’est plus qu’un mauvais rêve

Pour les autres, la vie continue
Pleine de tromperie, d’infidélité et de plans cul
Mais pour toi, cette date est sacrée
C’est le jour où tout a changé

Isilua (21 ans)

Janvier 2013 : focus sur la « communauté asexuelle » et sa visibilité

AVA s’intéresse à la diversité des points de vue et des expériences, à toutes les façons de vivre l’asexualité. Pour donner de la visibilité à cette diversité, nous publions régulièrement des témoignages de personnes qui nous parlent le leur asexualité avec leurs propres mots.
Aujourd’hui Hervé, Tyane, Olivier et Lilly nous parlent de leur rapport et leur identification à la « communauté asexuelle » et pourquoi ils encouragent la visibilité de l’asexualité.

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« Tu parles de communauté asexuelle. Penses-tu qu’elle soit nécessaire ?
Oui pour accueillir les âmes égarées au moins. Souvent les gens viennent, lisent et vont à la pêche aux informations. Certains participent, d’autres pas et puis quand ils ont ce qu’ils veulent ils s’en vont vivre leur vie. On est tous de passage dans cette communauté mais certains restent plus longtemps que d’autres. AVEN (et maintenant AVA) sert aussi à améliorer la visibilité, ce qui est très important.

Penses-tu qu’il soit nécessaire de parler de l’asexualité dans les médias ?
Oui car c’est très peu connu. Quand vous dites à quelqu’un : je suis asexuel, la première chose qu’il vous dit en principe c’est « qu’est-ce-que c’est que ça ? ». Ce n’est déjà pas évident de faire son coming-out alors quand en plus il faut tout expliquer ça corse carrément les choses. Et puis il y a plein d’asexules qui ne savent pas qu’ils sont asexuels et qui sont persuadés d’avoir un problème ou un blocage psychologique. Ils pensent qu’ils sont les seuls dans cette situation. Alors parler de l’asexualité au public permet de leur dire que quelque part d’autres personnes peuvent les aider à y voir plus clair. »
Lilly

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« Je soutiendrais autant que possible la visibilité de l’asexualité. Car pour la personne sans problèmes que j’étais avant de me découvrir asexuel, cela a changé très positivement ma vie (essentiellement ma manière de voir les choses, puisqu’essentiellement, je vis comme avant). Mais quand je pense à celles et ceux qui vivent mal cette situation, qui se pensent malades, qui sont persécutés, j’ai envie qu’elles sachent ce qu’il en est vraiment. Et surtout qu’elles puissent s’affirmer en tant que personne asexuelles, qu’elles ne pas soient l’objet d’incompréhension ou de railleries. C’est ce qui a motivé ma grande vague de coming out, contribuer à faire connaître l’asexualité, voire débusquer on ne sait jamais d’éventuels asexuels dans mon entourage, mais ce n’est pas si simple que cela. Il faut pouvoir amener le sujet, ou sauter sur une occasion. La pertinence d’un coming out peut être remise en question en présence de connaissances lointaines. À moins d’employer les grands moyens comme parler d’une prochaine présentation publique ou d’un chapitre du livre que l’on écrit, mais cela n’est pas donné à tout le monde.
J’ai assisté à ma première rencontre «IRL» du forum AVEN quelques semaines après mon inscription, et cette première rencontre a dépassé de loin toutes mes espérances. Je m’y suis fait de très bons amis, que je vois très souvent, toujours avec autant de plaisir. Du coup, on se voit bien plus en tant que bons amis que pour discuter d’asexualité, mais ces discussions restent possibles, notamment pour organiser des événements autour de la visibilité asexuelle (participation à la pride, présentations publiques…). »
Hervé.

« Certes, les identités servent souvent à exclure ou réduisent la complexité d’une personne, faite d’appartenances multiples, de désirs inconscients et d’une subjectivité changeante. Néanmoins, refuser de manière absolue de s’identifier à un concept, à une idée, à une association ou à des pratiques quels qu’ils soient, s’écarter de toute affiliation par crainte du dogme ou de la secte n’empêchera pas la société de vivre avec et par des concepts, des idées, des groupes et des pratiques. Autrement dit, si nous ne nous déterminons pas par rapport aux autres, les normes nous jugeront à notre place. Autrement dit, les catégories que nous forgeons, et que rien n’empêche d’être discutées et nuancées, nous libèrent de celles qui préexistent et ne nous correspondent pas. Bien sûr, notre vécu, notre vie restera toujours plus complexe que nos mots. Mais cela signifie qu’il faut complexifier notre langage, notre vision de nous-mêmes et du monde, et non nous abandonner au silence. Sinon, les lieux communs parlent pour nous. Et non, toute identité n’implique pas repli identitaire, toute communauté ne risque pas de dériver vers le communautarisme, dans la mesure où se maintiennent le respect sincère de l’autre. Le militantisme pour la reconnaissance de l’asexualité, comme celui pour les droits des homosexuels ou des femmes, affirme bien une identité, mais pour davantage de tolérance et de liberté, non l’inverse. »
Tyane
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« Je pense qu’il est important de faire progresser la visibilité asexuelle. Principalement pour aider tous les asexuels qui s’ignorent et qui se posent des questions, mais aussi pour faire progresser les consciences.
Je rencontre régulièrement d’autres asexuels, certains sont même devenus des amis. C’est très reposant de pouvoir discuter avec des personnes qui ont le même ressenti que moi, qui se posent les questions. Entre asexuels on se comprend intuitivement et ça c’est vraiment extraordinaire.

De mon côté je vais aussi dans des associations LGBT et je parle librement d’asexualité. Les gens sont curieux, parfois étonnés, mais toujours respectueux, je n’ai jamais eu de mauvaises réactions en parlant d’asexualité. »
Olivier
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Si vous aussi avez envie de donner votre perspective sur l’asexualité, de raconter votre propre histoire avec vos propres mots, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse : paroles.asexualite[at]gmail.com

Décembre 2012 : focus sur la découverte de l’asexualité

AVA s’intéresse à la diversité des points de vue et des expériences, à toutes les façons de vivre l’asexualité. Pour donner de la visibilité à cette diversité, nous publions régulièrement des témoignages de personnes qui nous parlent le leur asexualité avec leurs propres mots. Aujourd’hui, Olivier, Lilly et Tyane nous expliquent ce que la découverte de l’asexualité a changé dans leurs vies.

« Pour moi il y aura toujours un avant et un après ma découverte de l’asexualité. Assez tôt dans ma vie je me suis rendu compte que je n’étais pas attiré par les femmes contrairement à mes camarades. Je pensais peut être être gay, mais quelque chose ne collait pas, car au final je n’arrivais pas à m’imaginer avec un garçon. Pendant plusieurs années je me suis interrogé, je me disais que peut être que je ne m’assumais pas en tant qu’homosexuel, ou peut être que j’étais difficile et que je n’avais pas encore rencontré le type de personnes qui me plaisait. J’ai compris que quelque chose m’échappait vraiment lors de ma première expérience amoureuse avec une fille, la proximité physique me mettait vraiment mal à l’aise et ça ce n’était pas normal. J’ai préféré retourner à mon célibat, mais j’étais complètement perdu. J’ai découvert la notion d’asexualité six mois plus tard en faisant des recherches sur internet sur les sentiments amoureux. Ça a été un moment vraiment magique, je me reconnaissais dans tout ce que je lisais sur AVEN*, il y avait des centaines de personnes avec les mêmes ressentis que moi. A 19 ans j’avais enfin trouvé un mot pour décrire ce que je ressentais. J’étais asexuel et quand je l’ai compris j’ai senti un poids énorme s’envoler et une page de ma vie se tourner.

C’est après cela que j’ai pu commencer à vraiment tomber amoureux, à ressentir et exprimer mes sentiments. Je me suis beaucoup libéré, je communique bien plus facilement avec les autres sur mes ressentis qu’avant. »
Olivier, 24 ans

« Je l’ai découvert un peu par hasard il y a maintenant presque cinq ans. Je cherchais une image (de je ne sais plus trop quoi) et je suis tombée sur un blog qui parlait d’asexualité. Le mot m’a interloqué alors j’ai lu ce qui se disait. Et là le choc. Je me suis dit mais c’est moi ça. J’ai lu le blog et après j’ai fait une petite recherche sur Google et je suis tombée sur AVEN*. Ça a été une vraie révélation. C’est comme si quelqu’un venait d’allumer la lumière et que je me rendais enfin compte que jusqu’à présent j’avançais dans le noir. Je savais enfin qui j’étais et où j’allais. J’étais à un moment de ma vie où j’avais du mal à envisager l’avenir. Je me sentais différente des autres et j’avais l’impression de ne pas être faite sur le même modèle que tout le monde. Le fait de pouvoir mettre un mot sur ce que j’étais et surtout savoir que je n’étais pas seule m’a enlevé un énorme poids des épaules. »
Lilly, 26 ans

« Il y a trois ou quatre ans, je ne me posais pas de question quant à ma sexualité. Je ne souffrais d’aucune opprobre, d’aucune déception relationnelle. Néanmoins, la découverte de l’asexualité, du forum AVEN* et la rencontre d’asexuels furent pour moi la source d’une immense et mémorable joie. Pourquoi ? Même si je tolérais la présence affirmée du sexe dans la société, je me sentais plus ou moins étranger à une partie de ce monde-ci. La rencontre avec les membres d’AVEN* m’a rassuré sur les autres et sur moi-même, en plus du fait qu’elle m’a permis de connaître des personnes réunies par ce désintérêt. Elle m’a apporté un soutien dont j’ignorais le besoin. Certes, j’ai rencontré bien d’autres gens généreux et compréhensifs, certes (presque) tout le monde cultive d’autres passions que le sexe, mais, simplement, c’est autre chose que de rencontrer des gens pour qui cela, et tout ce qui tourne autour, n’a absolument aucune importance »
Tyane, 23 ans

Si vous aussi avez envie de donner votre perspective sur l’asexualité, de raconter votre propre histoire avec vos propres mots, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse: paroles.asexualite[at]gmail.com

* AVEN: Asexuality Visibility Educational Network. Le forum d’AVEN France est le forum de discussions pour les personnes asexuelles le plus fréquenté en France.
AVEN France: asexuality.org/fr
Le forum d’AVEN France: asexuality.org/fr/forum