Asexualité


Définition

Une personne asexuelle ne ressent pas (ou peu) d’attirance sexuelle pour qui que ce soit.

L’asexualité est une orientation sexuelle comme les autres, ce sont aux personnes asexuelles de se situer (ou non) sur le spectre de l’asexualité. La sexualité est fluide et peut changer, mais chacun‧e est libre de s’auto-déterminer et de nommer sa sexualité à n’importe quel âge. L’asexualité est une orientation sexuelle en tant que telle, tout comme l’homosexualité, la bisexualité, l’hétérosexualité et la pansexualité.

L’asexualité n’a pas à être « diagnostiquée », « changée » ou « guérie », ce n’est pas une pathologie. Les personnes asexuelles, comme les personnes de toutes les autres orientations sexuelles, peuvent vivre des vies heureuses et épanouies.

Attirance sexuelle ≠ Libido

La libido (parfois appelée désir sexuel, le désir d’avoir une activité sexuelle) et l’attirance sexuelle (la cible de ce désir) sont deux choses différentes. Une personne attirée uniquement par des femmes sur une île peuplée d’hommes peut avoir (ou ne pas avoir) de libido, mais ce désir ne sera pas dirigé vers qui que ce soit, parce qu’il n’y a personne sur cette île qui rentre dans ses critères d’attirance.

L’asexualité est une identité, pas un comportement : elle ne se définit pas par l’absence d’activité sexuelle. Les personnes asexuelles peuvent avoir ou ne pas avoir d’activité sexuelle (seul‧e ou avec d’autres personnes). L’asexualité se définit par l’absence d’attirance sexuelle, mais cela ne dit rien du niveau de libido. Certaines personnes asexuelles ont une libido forte, certaines faible, certaines n’en ont pas du tout.
(TW mention d’acte sexuel) Certaines personnes asexuelles se masturbent tandis que d’autres non.

Relations sexuelles

L’abstinence est un comportement, le choix personnel de ne pas avoir de relations sexuelles, pour des raisons variées. Les personnes asexuelles ne choisissent pas de ne pas ressentir d’attirance sexuelle, nous ne sommes pas – et ne nous considérons pas – comme étant « pur‧e‧s » si nous n’avons pas de rapports sexuels, l’asexualité n’est pas une position morale, éthique ou misogyne. Beaucoup de personnes asexuelles ont une vie sexuelle avec des partenaires, pour diverses raisons.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise raison d’avoir des relations sexuelles ou non. Ce qui est important, c’est le consentement (libre, éclairé et enthousiaste) de toutes les personnes impliquées, un consentement qui peut être rétracté à tout moment.

Les personnes asexuelles ont des profils aussi vastes et différents que les personnes ayant une orientation sexuelle différente. Il existe des personnes asexuelles dans tous les pays, de tous les âges et de tous les genres. Les personnes asexuelles ont des rapports variés avec la sexualité : il y a des asexuel‧le‧s qui apprécient les rapports sexuels, d’autres que ça indiffère et d’autres qui ne souhaitent pas en avoir, ou encore que ça dégoûte.

Spectre de l’asexualité

L’asexualité n’est pas un ressenti uniforme, elle se décline sous de nombreuses nuances et, si vous parlez à plusieurs personnes asexuelles, elles ne décrivent pas leur asexualité de la même manière. De plus, l’asexualité existe sur un spectre. On parle du spectre de l’asexualité, qui inclut des personnes pouvant ressentir de l’attirance sexuelle dans des conditions très spécifiques. Il existe de nombreuses déclinaisons de la grey-sexualité.

Relations romantiques

L’orientation sexuelle, y compris l’asexualité, n’a aucun rapport avec les relations romantiques : il y a des personnes asexuelles célibataires comme en couple. L’asexualité ne rend pas une personne indésirable, beaucoup d’asexuel‧le‧s vivent des relations amoureuses, avec d’autres personnes asexuelles comme avec des partenaires zedsexuel‧le‧s (personne non-asexuelle), il n’y a pas de règles générales sur le fonctionnement de ces relations. Le plus important réside dans une bonne communication et dans un respect des limites et du consentement de chacun‧e.

L’asexualité n’est donc pas à confondre avec l’aromantisme. L’aromantisme désigne l’absence d’attirance romantique

Chiffres

Nous ne disposons pas de chiffres précis sur la part de personnes asexuelles dans l’ensemble de la population mondiale ou dans la population française.

Le fameux résultat de 1% date d’une enquête réalisée en 1994 auprès de 18.876 résident‧e‧s britanniques, qui a conclu que ces répondant‧e‧s « n’ont jamais été attiré‧e‧s sexuellement par quiconque ». Les résultats ont été analysés par Anthony Bogaert dans une étude publiée en 2004. Il ne s’agît donc pas d’une donnée particulièrement pertinente, émanant d’une enquête sur un échantillon limité (d’autant plus que 30% des personnes qui avaient été contactées initialement avaient choisi de ne pas participer).

D’autres enquêtes plus récentes suggèrent que la part de personnes asexuelles dans la population est plus élevée (exemple ci-dessous), mais seule l’inclusion systématique de l’asexualité dans ces enquêtes nationales et internationales permettra d’obtenir des informations plus précises, ce qui viendra peut-être maintenant que l’asexualité a été reconnue lors de la déclaration du Sommet de Madrid 2017 sur les droits des personnes LGBTQ+ et qu’elle obtient progressivement de plus en plus de reconnaissance de la part des organisations queers internationales.

Le tableau indique les orientations sexuelles par groupe d’âge.
Les personnes s’identifiant comme hétérosexuelles strictes représentent 84 % des 18-34 ans, 91 % des 35-51 ans, 94 % des 52-71 ans et 98 % des plus de 72 ans.
Les personnes s’identifiant comme bisexuelles représentent 6 % des 18-34 ans, 4 % des 35-51 ans, 2 % des 52-71 ans et 1 % des plus de 72 ans.
Les personnes s’identifiant comme asexuelles représentent 4 % des 18-34 ans, 1 % des 35-51 ans, 1 % des 52-71 ans et moins de 0,5 % des plus de 72 ans.
Les personnes s’identifiant comme strictement gay ou lesbiennes représentent 3 % des 18-34 ans, 3 % des 35-51 ans, 2 % des 52-71 ans et moins de 0,5 % des plus de 72 ans.
Les personnes s’identifiant comme panxuelles représentent 2 % des 18-34 ans, 1 % des 35-51 ans, 1 % des 52-71 ans et 1% des plus de 72 ans.
Les personnes qui se questionnent ou qui ne sont pas sûres représentent 1 % des 18-34 ans et moins de 0,5 % des 52-71 ans.
Source : A Harris Poll survey of Americans’ acceptance of LGBTQ people, GLAAD, Accelerating Acceptance 2017