Chronologie

120-180 : Premier document, dont nous avons la connaissance, qui donne une définition de l’asexualité, avec la pièce de théâtre de Lucien de Samosate, Les Amours : « THEOMNESTE […] Je ne te vois aucun penchant pour l’une des deux passions ; dis-moi donc, en juge équitable, lesquels tu estimes davantage ou des philopèdes ou de ceux qui se plaisent dans le commerce des femmes. […] sans intérêt dans la cause, guidé par la seule raison, tu peux, en juge intègre, prononcer en faveur du meilleur parti. » .

1869 : Karl-Maria Kertbeny utilise le terme « monosexuels » pour se référer aux personnes qui se masturbent uniquement. Magnus Hirschfeld écrit le pamphlet Sappo und Sokrates qui mentionne les personnes sans désir sexuel.

1922 : Ralph Werther donne une définition se raprochant de l’asexualité dans The Female Impersonators sous le terme « anaphrodites » .

1948-1953 : Alfred Kinsey inclut l’asexualité sous le nom de « Group X » dans Sexual Behavior in the Human Male (1948) et Sexual Behavior of the Human Female (1953).

1972 : Lisa Orlando (Asexual Caucus, NYRF) publie The Asexual Manifesto, premier document militant et féministe, dont nous avons la connaissance, écrit par une personne asexuelle.

1977 : Myra Jonson écrit un des premiers articles académiques sur l’asexualité dans The Sexually Oppressed, traitant de la marginalisation des femmes asexuelles.

1979 : Première mention de l’asexualité comme une orientation à part entière dans le modèle Storms (Advances in the Study of Affect, vol. 5, de Michael D. Storms), dans une optique binaire et ne faisant pas de distinction entre l’attirance sexuelle et romantique.

1995 : Le livre Bisexuality and the challenge of lesbian politics de Paula Rodriguez Rust explique que les aces/aros sont assimilé·e·s aux personnes bies, dont la définition est limitée à « pas gay, pas hétéro » . Des témoignages rapportent que les aces et aros sont présent·e·s dans les luttes queer.

1997-2000 : Premières communautés en ligne, suite à la publication de l’article « My Life As An Amoeba » , un groupe Yahoo nommé Haven for the Human Amoeba est créé. Premières discussions menant à la distinction des attirances sexuelles et romantiques.

2001 : David Jay fonde AVEN (Asexual Visibility and Education Network).

2009 : Premier cortège d’AVEN à la Pride de San Francisco.

2010 : Sara Beth Brooks fonde la Asexual Awareness Week qui a lieu tous les ans à la fin du mois d’octobre.

2014 : Julie Sondra Decker publie Asexualité: comprendre l’orientation invisible. Il s’agit du premier livre grand-public à être publié sur le sujet de l’asexualité. Il a été traduit en français aux éditions Améthyste en 2021.

2016 : Première cortège Ace/Aro à la marche des fiertés de Paris, organisé par AVA (aux côtés du Collectif Non-Binaire).

2017 : L’asexualité est incluse dans la définition des identités LGBTI+ dans la déclaration du Sommet de Madrid sur les droits des personnes LGBTI.

α

HISTOIRE DU DSM

1974 (7ème édition du DSM-II) : Grâce aux actions d’activistes queer ( notamment du Gay Liberation Front), le terme homosexualité n’est plus utilisé comme le nom d’une pathologie. Il a été remplacé par “Sexual Orientation Disturbance (SOD)”, une catégorie dans laquelle l’homosexualité est considérée comme une pathologie si elle cause de la détresse, et que la personne veut changer, ce qui légitimise la pratique de thérapies de conversion.

1980 (DSM-III) : Création du “Inhibited sexual desire disorder (ISD)” dans le DSM-III, d’après la recommandation des sexologues Helen Singer Kaplan et Harold Lief.

1987 (DSM-III-R) : L’ISD est divisé en deux catégories: “Hypoactive Sexual Desire Disorder” et “Sexual Aversion Disorder (SAD)” dans le DSM-III-R.

1994-2000 (DSM-4) : Le “Hypoactive sexual desire disorder (HSDD”) dans le DSM 4 ajoute la mention que « une détresse significative ou des difficultés interpersonnelles » sont nécessaires pour établir un diagnostic.

2013 (DSM-5) : Le HSDD est divisé en deux et une astérisque est noyée dans le document : “Si une absence persistant d’absence de désir sexuel est mieux expliqué par l’autoidentification au terme d’ “asexualité”, alors, un diagnostic de [FSAID ou MHSDD] ne peut pas être établi.” (ceci n’est pas le texte du document qui utilise incorrectement le terme “asexué”)

–     “Trouble de l’intérêt pour l’activité sexuelle ou de l’excitation sexuelle chez la femme : Déficience ou réduction significative de l’intérêt pour l’activité sexuelle ou de l’excitation sexuelle”

–     “Diminution du désir sexuel chez l’homme : Déficience ou absence persistante ou répétée de pensées sexuelles/érotiques ou de fantaisies imaginatives et du désir d’activité sexuelle.”

2015 (FDA) : Malgré un premier rejet en 2010, le médicament flibanserin (Addyi) est approuvé pour l’utilisation aux Etats-Unis par le FDA afin de traiter le FSAID. Ce traitement augmente les niveaux de dopamine et de noradrénaline et diminue les niveaux de sérotonine. Les effets secondaires incluent étourdissement, nausée, fatigue, somnolence, et trouble d’endormissement. Il affecte le fonctionnement du système digestif et diminue la pression artérielle.